Les repas linguistiques
   
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Repas persan du 5 avril 2002


Bref historique

Les repas linguistiques ont débuté à la fin des années 90 avec quelques personnes qui voulaient se perfectionner en polonais et en néerlandais. Cette activité a été ensuite étendue à d'autres langues et ouverte à un public plus large, et notamment aux débutants, dans le cadre des Laboratoires d'Aubervilliers (voir vidéo sur le site d'Aubervilliers) qui ont organisé de nombreux repas très festifs avec musique, spectacle, avec parfois jusqu'à une centaine de participants. Avec le risque que l'objectif linguistique soit parfois un peu négligé. D'où l'idée de rédiger un papier de deux-trois pages comme base d'apprentissage (qui ont été regroupés ensuite dans une brochure), et de faire précéder le repas d'une courte initiation. Les Laboratoires ayant fermé pour travaux, les repas se sont repliés sur le siège de l'association, avec un effectif limité à une vingtaine. De nouvelles langues ont été expérimentées, en fonction des rencontres. En novembre 2004, la Villa mais d'ici nous a accueillis dans un local offrant une cinquantaine de places.

Principes pédagogiques

L'idée d'apprendre une langue dans un cadre détendu et chaleureux est une réaction à l'aspect souvent rébarbatif, voire antipédagogique de l'apprentissage des langues. Prenons une tête de turc comme exemple repoussoir. Pour comprendre une petite phrase très simple en breton comme "mont a ra ganit" (équivalant à peu près à ça va?), il faut avoir trouvé plusieurs informations fondamentales, mais bien cachées au détour d'une page de la grammaire de Roparz Hemon. Selon le paragraphe 146, "ober sert fréquemment d'auxiliaire". Passons sur la rigueur de la formulation. Le paragraphe 156 nous informe par ailleurs qu'après la particule verbale a (dont on apprendra au paragraphe 166 que le verbe en est "généralement" précédé), le g tombe dans les formes de gouzout et d'ober qui commencent par cette consonne. On aura donc ra au lieu de gra donné par le tableau de conjugaison d'ober... élémentaire, mon cher Roparz, du moins pour ceux qui seraient encore motivés après lecture du premier chapitre, consacré aux mutations et destiné sans doute à épouvanter les Français curieux pour leur reprocher ensuite de ne pas s'intéresser au breton. Partant sans doute des mêmes principes, on utilisait dans les années cinquante, pour dégoûter les enfants du latin, une méthode qui consistait à commencer par leur faire apprendre par cœur les six déclinaisons, sans leur expliquer à quoi ça sert, alors que si on exclut quelques mots tordus et quelques cas assez rarement différenciés des autres, le système se ramène à deux tableaux assez simples permettant d'éviter 95% des fautes. Le but du jeu étant sans doute de réserver le latin à une élite, faisant ainsi gagner aux autres un temps précieux qu'ils consacreront à l'étude de la publicité de coca cola et de Macdonald dans la version originale. Ça ne veut pas dire que nous avons trouvé la formule magique, ça veut dire qu'il faut essayer de répondre le plus simplement possible aux questions que se posent les adultes qui tentent de compenser leur manque de perméabilité cérébrale par la réflexion et la systématisation.

Problèmes

Avec les langues à succès comme espagnol, italien, russe, l'effectif maximum est rapidement atteint. On pourrait multiplier les repas, mais comme nous voulons aussi découvrir de nouvelles langues, en reprendre certaines qui n'ont eu lieu qu'une fois, nous butons vite sur nos capacités d'organisation; l'idéal serait que des initiatives soient prises par d'autres, dans d'autres lieux. On peut envisager des repas dans un restaurant, sachant que ce sera plus cher, prospecter les autres associations (mais les associations "ethniques" ne sont pas très ouvertes). L'organisation repose comme souvent sur quelques personnes; de nombreux participants viennent seulement en simples "consommateurs"; certains viennent surtout pour l'ambiance et ne se sentent pas très concernés par l'apprentissage de la langue, parlent français ou une autre langue que celle du repas, d'autres accaparent les référents pour eux seuls etc.
Autre problème récurrent et très préoccupant: le contrôle des effectifs; beaucoup d'inscrits ne viennent pas, d'autres amènent des amis sans prévenir; comme les référents sont invités et les frais partagés par les autres convives, le prix du repas est alourdi si l'effectif est réduit; il est d'ailleurs difficile à calculer et souvent le repas est déficitaire. Devons-nous faire payer d'avance? Un prix forfaitaire, quitte à s'en tenir au budget? ou demander ensuite un supplément? Et comment récolter l'argent? Sur une somme de 5 euros, un timbre représente 10%, ce n'est pas négligeable. Proposer des abonnements? Vos suggestions?
L'expérience acquise nous a montré que la base du fonctionnement d'un repas dans une langue étrangère est une rencontre avec des gens de langue maternelle, prêts à nous en expliquer le fonctionnement et la prononciation, à nous aider à rediger le miniguide, éventuellement à nous apprendre des chansons, nous apporter des recettes, etc. Ce contact personnel est la base de notre fonctionnement. Pourtant il est arrivé que des personnes contactées nous renvoient simplement aux manuels existant.